LES RELATIONS AVEC LES ENFANTS (sources : La Ligue contre le cancer)
Lorsque l’un des parents est malade, il n’est pas rare au début de la maladie que les enfants posent des questions. Il est important d’y répondre. Cela peut dédramatiser et lever leurs angoisses.
« Un jour, je suis allé en radiothérapie pendant le traitement de mon frère. J’ai vu la grosse machine avec laquelle il avait des rayons. J’ai vu son docteur et ses infirmières. J’ai vu aussi des tas d’autres personnes qui n’avaient pas leurs cheveux. Maintenant, je n’ai plus peur d’aller à l’hôpital. Ce n’est pas aussi triste que je le pensais »Mathieu, 11 ans
Certains parents expliquent en détail leur maladie à leurs enfants : ils les emmènent parfois à l’hôpital pour qu’ils se rendent compte de ce que sont les traitements. Contrairement à ce que l’on pense, leur montrer l’hôpital peut les rassurer. Ils sauront où leur parent se trouve pendant les périodes d’absence. Cependant, il est inutile de leur imposer s’ils ne le souhaitent pas.
D’autres parents préfèrent en dire le moins possible. Cependant, les enfants savent souvent plus qu’on ne le pense : ils écoutent ce que les adultes disent entre eux, perçoivent qu’il arrive quelque chose et ressentent leur angoisse. C’est pour ces raisons, qu’il est important, dès que les parents se sentent en mesure de le faire et qu’ils ont eux-mêmes dépassé le choc initial, de s’adresser à l’enfant et de l’informer de la maladie avec des termes simples, exacts et vrais. Ainsi, l’enfant n’interprètera pas à tort des mots interceptés lors de conversations d’adultes.
Des documents sont également disponibles pour faciliter le dialogue parent-enfant et permettre à l’enfant de mieux comprendre la maladie et ses conséquences : bandes dessinées, vidéos, livres, etc…
Des associations proposent des documents à destination des enfants, des parents et des personnels de la santé et de l’enfance.
Les relations avec les enfants ne sont pas toujours faciles. Le patient doit choisir la façon dont il souhaite parler de sa maladie, avec les mots qui lui semblent les plus adaptés à l’âge de ses enfants.
Entre 3 et 6 ans, un enfant sait ce que c’est d’être malade, car il l’a déjà été. Des informations simples suffissent parfois. Il est possible de lui expliquer où se trouve la maladie dans le corps et en quoi consiste le traitement.
Entre 6 et 12 ans, il est possible de donner plus d’explications à l’enfant. Des dessins sont souvent une aide pour bien faire comprendre ce qui se passe. Certains parents craignent d’employer les vrais termes tels que cancer, chimiothérapie, etc… pour éviter de choquer leur enfant. Par exemple, un enfant a pu développer une phobie des microbes après que ses parents lui aient expliqué la tumeur cérébrale de sa maman en employant le terme de « microbes dans la tête ».Or, les enfants ont la capacité d’entendre les mots justes, au plus près de la réalité. Ceci contribue à les maintenir dans une relation vraie avec les adultes qui les entourent.
Les enfants dont l’un des parents est malade peuvent exprimer des sentiments de culpabilité face à la situation
« J’étais très en colère contre maman un jour, qui m’avait empêché de faire de de la bicyclette avec mon cousin. J’étais tellement en colère que j’ai dit : j’espère que tu vas mourir. Maintenant, qu’elle a une leucémie et qu’elle peut mourir, j’ai l’impression que c’est de ma faute et c’est horriblement triste. Mon père m’a expliqué que je n’y étais pour rien. On ne peut pas attraper le cancer parce qu’on le souhaite à quelqu’un ». Kathy ,10 ans.
Ce sentiment de culpabilité peut-être présent aussi bien chez les enfants que chez les adultes. C’est un phénomène psychologique normal et fréquent. Il est important de déculpabiliser l’enfant et insister sur le fait qu’il n’y ait pour rien dans la maladie de son père ou de sa mère, et que personne n’est responsable.
Dans toute épreuve importante de la vie, chacun essaie de comprendre : « qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour qu’il m’arrive une chose pareille ? », « pourquoi cela arrive-t-il dans ma famille ? ».
Ce sentiment de culpabilité est une tentative pour trouver un sens à la maladie. Des sentiments de colère peuvent également s’exprimer.
« Souvent, je suis très en colère contre mon frère qui a un cancer. Je sais que ce n’est pas juste, mais j’en ai marre que papa et maman ne parlent que de lui. Ce n’est pas juste ». Mireille 13 ans.
La colère de Mireille se retrouve quel que soit le membre de la famille touché et qui fait l’objet d’une attention plus particulière. Des parents sont parfois amenés à porter moins d’attention à leurs enfants bien portants, leur donnant un sentiment d’abandon et d’injustice.
Les enfants peuvent se sentir isolés ou négligés. Le cancer bouleverse le quotidien, mais il est important de mener une vie la plus habituelle possible. Des réseaux de solidarité au sein de l’entourage ou de l’extérieur contribuent à préserver l’unité familiale pendant cette période difficile. Une aide psychologique peut également aider les enfants s’ils le souhaitent.
LES ADOLESCENTS
Les adolescents désirent des rapports d'adultes où ils se sentent considérés d’égal à égal. Cependant, il est important de se rappeler, dans la façon de communiquer avec eux, qu'ils ne sont pas encore des adultes.
Les adolescents tentent de s'adapter à la situation en montrant ou en dissimulant leurs angoisses. Ils souffrent beaucoup, mais ne savent pas comment le dire. Ils peuvent avoir envie de fuir le foyer familial pour se retrouver davantage avec des copains.
La réaction de certains adolescents à l'annonce du cancer de l'un de leurs parents est parfois déconcertante : ils peuvent feindre d'ignorer la situation, devenir plus intransigeants, moins participer aux activités ménagères. Cela ne signifie pas qu'ils soient égoïstes ou qu'ils se désintéressent de leurs parents malades. C'est au contraire le signe qu'ils sont bouleversés, parfois très inquiets à une période où, eux -même vivent des bouleversements intérieurs importants et s'interrogent beaucoup, notamment sur la vie et la mort.
Il existe des groupes de parole pour des adolescents qui vivent le cancer d'un parent. Ces groupes permettent d'exprimer un ressenti entre jeunes partageant la même expérience.
LES ENFANTS EN BAS AGE
En général, les relations avec les très jeunes enfants semblent poser moins de problèmes. Néanmoins, il est nécessaire de leur apporter une attention particulière.
Les enfants ont parfois du mal à vivre les absences de leur père ou de leur mère, ou leur fatigue. Parler avec eux, même s'ils sont tout petits, leur dire ce qui se passe, plutôt que de leur cacher la vérité et de les laisser imaginer le pire, permet de les rassurer.
Une aide psychologique peut les aider à traverser des moments difficiles.
Quel que soit l'âge de l'enfant, il est important de faire sentir qu'il peut en parler et s'autoriser à poser les questions qui le préoccupent et exprimer ses émotions en toutes liberté.
Tout le monde a besoin de temps : les parents comme les enfants. Il est primordial de parler aux enfants et de leur expliquer ce qui se passe.
Des proches de personnes malades recommandent, aux parents qui sont mal à l'aise et qui ne savent pas comment dire ou aborder la question de la maladie avec leurs enfants, de demander de l'aide à un membre de la famille, une personne de l'équipe soignante, un professionnel de l'enfance ou encore un membre d'une association.
Pour plus d'informations sur les aspects psychologiques de la maladie et le vécu de la personne malade voir le Guide SOR SAVOIR PATIENT : vivre pendant et après un cancer











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